L’indemnisation des congés payés : quelles sont les règles de déclaration ?

Impossible d’ignorer la mécanique précise du règlement des congés payés lorsqu’on quitte une entreprise : la loi ne laisse aucune place à l’interprétation. À la sortie, l’employeur règle tout ce qu’il doit au salarié, et cet argent, loin d’être un bonus hors d’atteinte du fisc, entre pleinement dans le calcul de l’impôt sur le revenu.

Qu’est-ce que le règlement ?

On confond souvent le règlement avec une indemnité de départ, alors qu’on parle de deux choses bien différentes, chacune avec ses règles fiscales. Le règlement, c’est la cloture des comptes entre l’entreprise et le salarié, sans se soucier du motif du départ, qu’il s’agisse d’un choix personnel ou d’un licenciement. Même en cas de faute, cette étape ne saute jamais.

Au moment de partir, plusieurs sommes s’additionnent pour constituer le règlement final. D’ordinaire, on y retrouve :

  • Le salaire à verser jusqu’au dernier jour de travail effectif.
  • La somme correspondant aux congés payés non consommés.
  • La partie due des primes ou gratifications calculées au prorata du temps passé dans l’entreprise.
  • Les bonus ou compléments de salaire non encore réglés, sauf si le contrat les exclut expressément.
  • L’indemnité de licenciement, en cas de rupture par l’employeur, qui se rajoute alors au règlement global.

En clair, si indemnité de départ il y a, elle se greffe au règlement, mais chaque composante suit ses propres modalités d’imposition. Pour déclarer correctement ces sommes, il faut donc regarder leur nature exacte et ne rien supposer.

Sur l’indemnité de licenciement, un plafond d’exonération soulève souvent la question : fixé à 180 000 euros, il permet de ne pas intégrer la somme à l’impôt sur le revenu si les critères légaux sont remplis. En dehors de cette exception, tout le reste, salaires, congés, gratifications, doit figurer sur la déclaration annuelle, ligne après ligne.

Comment le règlement est-il payé ?

Le règlement regroupe tous les montants dus lors du départ : reliquat de salaire, indemnité de congés, primes éventuelles. À chaque fois, ces sommes se rangent dans la catégorie des revenus soumis à l’impôt, à déclarer dans leur intégralité.

Comme pour le salaire courant, tout est intégré au revenu imposable et soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Précision utile : l’employeur applique le prélèvement à la source sur l’essentiel du montant, à l’exception de la part non imposable de l’indemnité de licenciement.

Impossible donc de négliger le détail du règlement : chaque élément compte, certaines lignes ont un impact direct sur la fiscalité à prévoir.

Où déclarer le règlement dans la déclaration de revenus ?

Au moment de remplir la déclaration, le règlement doit apparaître dans la rubrique des revenus du travail, section A. En principe, avec le prélèvement à la source déjà effectué par l’employeur, ces montants se retrouvent dans les cases préremplies communiquées par l’administration. Il ne reste qu’à vérifier et, si besoin, corriger les chiffres avant de valider la déclaration.

Un détail souvent sous-estimé peut bouleverser l’obligation de déclarer : changement d’employeur, perte d’emploi ou versement d’allocations chômage font qu’au fil de l’année, plusieurs structures peuvent verser une rémunération au salarié.

Dès qu’un deuxième (ou troisième) payeur verse plus de 1 500 euros au cours de l’année, le seuil annuel à partir duquel il faut déclarer ses revenus diminue, passant de 22 000 à 14 000 euros. Exemple à retenir : un salarié change d’entreprise, perçoit plus de 1 500 euros du nouvel employeur et, au total, franchit 14 000 euros de revenus sur l’année, la déclaration devient alors obligatoire. Même raisonnement pour l’indemnité de chômage qui, pour le fisc, compte comme une rémunération à part entière.

Les salariés bénéficiant d’un dispositif d’activité partielle (ERTES) sont dans la même situation : la multiplication des payeurs peut instituer plus vite qu’on ne croit l’obligation de déclaration.

Le règlement des congés payés laisse une trace indélébile pour tout salarié quittant l’entreprise, mais, surtout, il impose parfois un passage remarqué par les services fiscaux. Sur le fil du départ, mieux vaut passer tout au peigne fin pour éviter la mauvaise surprise de trop.

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