Un bébé qui ne se met pas à marcher dans les délais attendus, ce n’est pas une anomalie en soi. Les parents s’inquiètent, se demandent si quelque chose cloche, alors que le calendrier du développement n’obéit à aucune recette universelle. L’attente, parfois fébrile, finit par occuper tout l’espace. Pourtant, la marche n’arrive jamais sur commande.
Clara Talegon
Physiothérapeute pour enfants, Séville
Unité de développement et de soins précoces de l’enfant UDIATE
Hôpital Victoria Eugenia de la Croix-Rouge
Est-ce que mon enfant ne marche pas encore, est-ce normal ?
Cette question revient sans cesse au cabinet, lorsque les bambins franchissent certains caps sans pour autant se lancer dans leurs premiers pas. L’inquiétude s’installe vite, surtout en comparant avec les enfants des amis ou de la famille.
Les grandes étapes psychomotrices chez l’enfant
Le développement moteur suit un enchaînement de jalons, mais chaque enfant trace sa propre trajectoire. Voici un aperçu des étapes les plus fréquentes :
1 à 3 mois : maîtrise de la tête, redressement du tronc
3 à 6 mois : poursuite du renforcement du tronc, apparition des premiers retournements
6 à 9 mois : installation en position assise, premiers déplacements au sol
9 à 12 mois : ramper, se mettre debout
À partir de 12 mois : acquisition progressive de la marche autonome
Il faut garder à l’esprit que ce calendrier n’est qu’une indication. Certains enfants font leurs premiers pas à 9 mois, d’autres attendent 18 mois, sans que cela ne révèle de problème caché. Il arrive aussi que certains petits ne rampent pas du tout, ou que la marche soit tardive, sans que cela soit préoccupant. Absence de ramper ne signifie pas nécessairement trouble du développement.
Faut-il pousser son enfant ? Comment encourager la marche ? Compétences motrices fines et globales
Si votre enfant ne manifeste pas d’intérêt pour la marche, il n’y a aucune raison de le forcer. La progression viendra, parfois plus tard, mais elle viendra. L’important, c’est d’accompagner son rythme.
Certains gestes quotidiens permettent néanmoins de soutenir cette évolution, sans jamais accélérer ce qui doit mûrir naturellement.
Voici quelques recommandations concrètes pour favoriser l’évolution motrice, étape par étape :
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Durant les premiers mois, placer régulièrement bébé sur le ventre, quelques minutes à la fois (en augmentant progressivement selon sa tolérance) lorsqu’il est éveillé. Ce simple geste contribue au renforcement de la tête et du tronc.
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Positionner bébé sur le ventre l’incite aussi à tenter de se retourner, puis à ramper, attiré par des objets placés à proximité.
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Une fois la position assise acquise, le jeu libre sur le sol reste à privilégier. Disposer les jouets de façon à ce qu’il doive les atteindre, ou varier leur hauteur, l’amène à vouloir se lever et à se déplacer, parfois en s’aidant des meubles.
La sécurité, un aspect à ne pas négliger
Pendant cette période d’exploration, certaines précautions s’imposent pour éviter les accidents :
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Vérifiez que rien ne risque de tomber sur l’enfant pendant ses déplacements.
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Surveillez les portes et les fenêtres, sources fréquentes de pincements de doigts ou de chutes.
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Écartez les objets glissants ou les tapis susceptibles de provoquer des chutes.
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Évitez les trotteurs (tacataca) : non seulement ils ne sont pas adaptés au développement des hanches, mais ils exposent aussi à des risques de blessure, sans bénéfice pour la motricité.
Malgré toutes ces précautions et ces encouragements, chaque enfant avance à son rythme. Si, passé 18 mois, la marche ne se manifeste toujours pas, il est recommandé de consulter un pédiatre pour une évaluation approfondie.
Physiothérapie pour enfants à Séville, Hôpital Victoria Eugenia Cruz Roja, UDIATE
Compétences motrices de l’enfant, Soins précoces
Pour tout renseignement, il suffit d’appeler au 955 038 600 ou 954 351 400.
Un rendez-vous avec un spécialiste de la physiothérapie infantile est possible à l’unité de soins précoces (SEVILLA UDIATE).
Devant chaque étape franchie, la patience reste l’alliée la plus précieuse. À chacun son tempo, et parfois, la surprise de voir un enfant marcher alors qu’on ne l’attendait plus résonne comme une petite victoire silencieuse.


