Une salariée en CDD qui tombe enceinte se retrouve souvent face à un enchaînement administratif peu documenté : fin de contrat, inscription à France Travail, puis départ en congé maternité. La question centrale porte sur le calcul de l’indemnisation et sur l’organisme qui prend le relais à chaque étape. Les réponses varient selon la date de fin du CDD, la durée d’affiliation à la Sécurité sociale et le moment où le congé maternité débute.
Indemnités journalières maternité versus ARE après un CDD : le tableau des écarts
Deux mécanismes d’indemnisation coexistent, mais ils ne fonctionnent jamais en même temps. Le basculement de l’un à l’autre dépend de la date de début du congé maternité par rapport à l’inscription au chômage.
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| Critère | ARE (France Travail) | Indemnités journalières maternité (CPAM) |
|---|---|---|
| Organisme payeur | France Travail | Caisse primaire d’assurance maladie |
| Période couverte | Avant et après le congé maternité | Pendant le congé maternité uniquement |
| Cumul possible | Non, l’ARE est suspendue pendant le congé maternité | Non, les IJ maternité remplacent l’ARE |
| Base de calcul | Salaires des mois travaillés avant la fin du CDD | Salaires des mois précédant le début de grossesse ou le congé |
| Durée de versement | Variable selon la durée d’affiliation | Durée légale du congé maternité (variable selon le nombre d’enfants) |
| Impact sur les droits restants | La durée de l’ARE est prolongée d’autant | Pas de consommation des droits ARE |
Le point à retenir dans ce tableau : le congé maternité suspend l’ARE sans en consommer la durée. Les jours de congé maternité ne sont pas déduits du capital de droits au chômage. À la fin du congé, le versement de l’ARE reprend là où il s’était arrêté.

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Calcul des indemnités maternité au chômage après un CDD : la base salariale qui pose problème
La CPAM calcule les indemnités journalières de maternité à partir des salaires perçus avant l’arrêt de travail. Pour une salariée dont le CDD vient de se terminer, la question du rattachement aux derniers bulletins de paie devient technique.
Si le CDD s’est terminé avant le début du congé maternité, la CPAM se base sur les derniers salaires perçus pendant le contrat. L’enchaînement de plusieurs CDD courts complique la situation : les périodes sans contrat peuvent créer des mois à zéro qui tirent le montant vers le bas.
Une difficulté fréquente concerne les salariées ayant alterné CDD et périodes de chômage sur les mois précédant la grossesse. La CPAM retient les salaires soumis à cotisations, ce qui exclut les allocations chômage de la base de calcul. En revanche, les périodes de chômage indemnisé ne rompent pas les droits à la couverture maladie-maternité.
Maintien de droits après la fin du CDD
Après la fin d’un CDD, la salariée conserve ses droits aux prestations en nature et en espèces de l’assurance maladie-maternité. Ce maintien fonctionne sans démarche particulière tant que l’inscription à France Travail est active.
Le piège se situe en amont : ne pas s’inscrire à France Travail entre la fin du CDD et le début du congé maternité peut créer une rupture de droits. Sans inscription, le lien avec l’assurance maladie repose uniquement sur le maintien de droits post-contrat, dont la durée est limitée.
Déclaration du congé maternité à France Travail : les étapes que personne ne détaille
France Travail demande de déclarer le congé maternité dès son début. Cette déclaration entraîne la suspension du versement de l’ARE. Le problème : les modalités pratiques ne sont expliquées nulle part de façon linéaire.
- Déclarer le changement de situation via l’espace personnel France Travail ou lors de l’actualisation mensuelle, entre le 28 du mois en cours et le 15 du mois suivant
- Transmettre l’attestation de la CPAM indiquant les dates prévisionnelles du congé maternité (y compris un éventuel congé pathologique)
- Continuer à s’actualiser chaque mois pendant le congé maternité en cochant la case correspondante, sous peine de radiation
- À la fin du congé, signaler la reprise de disponibilité pour que le versement de l’ARE redémarre
L’oubli le plus courant : ne pas s’actualiser pendant le congé maternité entraîne une radiation automatique. La réinscription est possible, mais elle génère un délai de traitement qui retarde la reprise du versement de l’ARE.
Congé pathologique et impact sur le calendrier
Le congé pathologique prescrit avant ou après l’accouchement doit aussi être déclaré à France Travail. Il prolonge la période de suspension de l’ARE et ouvre droit à des indemnités journalières spécifiques versées par la CPAM. Ne pas le signaler peut provoquer un trop-perçu d’ARE que France Travail réclamera par la suite.
Congé supplémentaire de naissance 2026 et chômage après un CDD
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 crée un nouveau droit : le congé supplémentaire de naissance, effectif à partir du 1er juillet 2026. Chaque parent peut bénéficier d’un congé indemnisé d’un à deux mois, à prendre après le congé maternité.
L’indemnisation prévue est de 70 % du salaire net le premier mois puis 60 % le second, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale. Pour les parents dont le CDD s’est terminé pendant la grossesse, la question du rattachement à ce dispositif reste ouverte : l’indemnisation repose sur les salaires antérieurs, selon le même mécanisme que les indemnités journalières classiques.
Pour les enfants nés entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, ce congé supplémentaire peut être pris entre le 1er juillet 2026 et le 31 mars 2027. Cette fenêtre concerne directement les mères en fin de CDD dont le congé maternité se termine alors qu’elles sont déjà inscrites à France Travail.

Le mécanisme d’articulation entre ARE et indemnités maternité repose sur un principe simple (suspension sans consommation de droits) mais sa mise en œuvre dépend entièrement du respect des déclarations à France Travail et à la CPAM. Après un CDD, la base salariale retenue par la CPAM et le maintien de l’inscription à France Travail sont les deux variables qui déterminent le montant réellement perçu pendant et après le congé maternité.

